Notre Ultra marathon en pays Dogon au Mali du 19 au 23 janvier 2010 par la famille Champeix :

Cet Ultra Marathon est ultra, non par son côté performance mais ultra par ses extraordinaires paysages, ses fabuleuses rencontres et ses intenses émotions. Bref tout ce qui peut accompagner un voyage en pays Dogon et son peuple si accueillant. En quelques chiffres, résumons ces 5 jours de course : au départ le 19 janvier 8h, nous sommes 11 européens ; 7 hommes et 4 femmes, 12 jeunes maliens dont 4 abandonneront dés le 2ème jour (il faut dire que nous ne partons pas tous égaux concernant l’équipement, les maliens courant avec les « méduses » =sandales en plastique !) 2 marcheuses, 1 cycliste, 2 accompagnateurs que sont nos 2 ainés, la logistique composée de + ou – 10 personnes selon les jours .
1 étape : 23km Bandiagara / Dourou
Il fait 28°, l’étape est annoncée à 23km avec un lèger dénivellé positif (en réalité elle fait 25km), le vent souffle de face en rafale, Le tracé est simple, il suffit de suivre la piste qui nous emmène sur le plateau. Le 1er ravitaillement était annoncé au 9°km mais apparement ce sont des km Dogon et au GPS il est au 13°. Nous ne courons jamais seuls ; les enfants rencontrés sur le bord de la piste ou dans les villages nous accompagnent quelques centaines de mêtres voire quelques kms. Les femmes me donnent de l’eau dans une calebasse fraichement tirée du puit, je m’arrose copieusement la tête et la nuque « Gana Dolopo » = « merci beaucoup ». Je franchis la ligne d’arrivée en 2h46, Jean en 2h35. J’ai bu environ 1l /heure. Il fait 40° en début d’aprés midi ! Le 1er bivouac est 100% nature et donc la douche est à la lingette.
2ème étape : 24km Dourou/Tireli
Départ à 8h, je me cale derrière Pascal et Alain qui finalement m’accompagneront jusqu’à la fin de la course ; Jean préfère courir à son rythme. C’est sympa de faire l’étape ensemble et rassurant car nous connaîtront quelques moments de galère : aprés la descente de la falaise et une bisquouette dans les dunes, nous cherchons la rubalise, inexistante sur ce tronçon trés sableux. Doute, changement de direction puis retour sur nos pas pour finalement décider de suivre des traces de 4 X 4. Arrivée au ravitaillement dans le magnifique village de Nombori, accueil des enfants qui chantent et dansent autour de nous ; Nous prenons le temps de vider nos chaussures pleine de sable. Le village de Tireli se trouve 10km plus loin en longeant la falaise sur une piste facile, ouf ! 2ème étape en 3h24 ! ma moyenne en a pris un coup ! Jean est en 2h41. Le campement est luxe ; enfin une vraie douche et nous mangeons à table.
3ème étape : 18km dans un temps de 2h47 ! pour Jean 2h17.
Tireli/Banani avec une bonne grimpette sur la falaise et passages sur des plaques de rocher qui donnent le vertige, redescente par le village de Sangha en empruntant des bonnes marches, petite chûte sans gravité mais elle entame le capital moral! Campement confortable , douche au top quand l’alimentation des citernes se trouvant sur le toit est faite à temps !

4ème étape : Banani/Were, 23 km en 3h24, 2h14 pour Jean
Je craque un peu , je marche beaucoup, j’ai des ampoules plein les pieds et plus beaucoup d’énergie. L’étape me parait trés longue, le dénivellé est facile mais que de sable ! Arrivée grandiose à Were, tout le village est là pour nous accueillir en musique et en danse, les femmes ont mis leur plus beau pagne, même le chasseur est là qui annonce l’arrivée de chaque concurrent par un retentissant coup de fusil ! Les villageois nous accompagnent jusqu’à notre campement, trés sommaire. Aprés le déjeuner, chacun cherche l’ombre , je réussis à avoir un seau d’eau pour une bréve toilette.
5ème étape : Were/Yuga Piri annoncée pour 14km et en réalité 17 km en 2h24, 1h 44 pour Jean, c’est pas sur la dernière étape que je vais faire ma meilleur moyenne. Il faut dire que c’est une étape à vue, il faut suivre le cap, tracer une voie la plus directe possible pour passer à droite de la montagne située 8km plus loin. Pas de piste mais du sable mou, des herbes qui piquent les jambes et déposent des » bouloches » dans les chaussettes . Nous avons le choix entre descendre dans des grandes crevasses sableuses et remonter de l’autre côté en prenant son élan ou contourner ces crevasses. J’ai eu une pensée pour la foulée des Baïnes !Au pied des Yuga, nous retrouvons les 4X4 et les cuisiniers qui s’affairent mais l’étape ne s’arrète pas là, il faut monter encore 800m dans les rochers jusqu’au village Télèm (villages troglodytes du peuple qui a précédé les Dogons). Le sîte est surprenant et c’est la dernière ligne d’arrivée, gros coup de barre, beaucoup d’émotion, je mets une bonne ½ heure avant de récupérer de cette dernière montée. Au total 107km en 14 heures et quelques, Jean est 5ème au général , les 2 premières places sont maliennes, nous ne partons pas égaux au niveau de l’équipement mais aussi physiologiquement , je suis 7ème au général et 1ère féminine , la 2ème féminine est une super mamie de 69 ans qui n’en est pas à son 1er ultra.
Vous l’avez compris, la course n’est qu’un prétexte pour découvrir ce fabuleux pays et ce peuple si attachant que sont les Dogons. Aucune photo ou aucun récit ne saurait être assez parlant pour donner envie de participer à cette aventure : il faut y aller et la vivre.


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et pour ceux qui le souhaitent un lien plus touristique